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Documents Chellois

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Jeanne Ière de Soisy.

Trente deuxième abbesse. 1363 Adeline II fut remplacée par Jeanne Ière de Soisy, qui, nommée le 14 septembre, jour de la Sainte-Croix 1363, est morte le 9 octobre de la même année, fête de Saint-Denis. Elle n’aurait exercé ses fonctions que trois semaines, le temps de prendre place dans le catalogue des abbesses. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).

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Adeline II de Pacy

Trente et unième abbesse 1354-1363. Adeline était fille de Philippe seigneur de Nanteuil et nièce de Marguerite II de Pacy qui lui avait donné le voile. La nouvelle abbesse trouvait les affaires temporelles de la communauté singulièrement désorganisées par suite de calamités dont le pays était accablé. Le pape Innocent VI venait d’autoriser le roi de France à lever un dixième, puis un trentième sur tous les revenus ecclésiastiques, pour soutenir la guerre contre les Anglais. Les religieuses de Chelles avaient été taxées à 1600 livres. Les agents du fisc chargés d’opérer le recouvrement des subsides tenaient garnison dans le domaine des religieuses, y vivaient à discrétion et, par leurs exactions, augmentaient encore la détresse de l’abbaye. Adeline aurait eu peine à payer à bref délai une somme aussi forte. Dom Porcheron dit que peu de temps après la bataille de Poitiers, notre abbesse, ayant appris que le dauphin Charles se trouvait à Vincennes, s’y rendit incontinent avec 26 religieuses, se fit présenter au régent, lui donna connaissance de la situation pénible dans laquelle la maison de Chelles se trouvait et le supplia de lui venir en aide. Le prince lui accorda des lettres de répit qui reculaient le terme de l’exigibilité de la taxe et permettaient à l’abbesse de la payer en seize annuités, soit 100 livres par an jusqu’à parfait paiement (1356). Adeline, après avoir fait contrôler ses lettres de répit  par la chambre des comptes, en fit signifier une expédition aux commissaires royaux qui cessèrent immédiatement leurs déprédations. Indépendamment des 1600 livres, l’abbesse dut encore payer au roi des subsides très onéreux. En effet la dame de Chelles fut dans la nécessité de payer pour se rédimer du service féodal auquel ses seigneuries étaient tenues pour leur part dans les levées de ban et de l’arrière-ban auxquelles le roi Jean avait été forcé de recourir. Avec l’aide d’un homme d’affaires digne de ce nom et d’un bon conseil, attentif aux intérêts de sa maison et d’une probité reconnue, Adeline remonta les finances de l’abbaye en moins de deux ans. L’abbaye de Chelles vit ses dettes acquittées, ses bâtiments réparés, ses fermes remises sur pieds et ses religieuses dans une heureuse abondance. A cette époque, la profession monastique entraînait la mort civile. Une fois les vœux prononcés, la religieuse devenait une chose appartenant à la communauté. Sous Adeline de Pacy, on voit une religieuse, Jeanne du Lys, placée à l’abbaye, contre son gré, par son père et son frère,  pour lui interdire d’hériter. Après avoir attendu le décès de son père et de son frère, Jeanne se sauva du couvent pour se marier et suite à son départ, un jugement lui rendit ses droits civiques. A la suite de l’épouvantable défaite de Poitiers, tout le royaume était plongé dans la consternation et le désordre. Tandis que le peuple de Paris, conduit par Etienne Marcel, son prévôt, égorgeait d’innocentes victimes sous les yeux du Dauphin, des seigneurs plus coupables encore se livraient sur les habitants des campagnes aux plus odieux traitements. On vit grandir un sourd travail de haine des classes populaires contre les nobles et les riches. Dans l’ile de France et la Picardie, cette lutte s’organisa sous la conduite d’un chef nommé Jacques Bonhomme, d’où vient le nom de Jacquerie. Les jacques se levèrent en masse. Leur règne fut court. Il ne dura que six semaines. Le pillage, le meurtre, le viol devinrent l’œuvre de chaque jour. La Brie fut mise à feu et à sang. Chelles subit le sort commun. Nos religieuses prirent la fuite. L’hôtel du mouton, situé près du cimetière Saint-Jean à Paris leur appartenait. Elles y demeurèrent pendant la tourmente révolutionnaire. Lorsque le Dauphin vint camper à Chelles, 22 juin 1358, pour s’opposer aux entreprises du roi de Navarre et réprimer les excès de la jacquerie, ce prince trouva le monastère affreusement saccagé. Les Anglais, à leur tour, étaient venus ajouter leurs brigandages. Après avoir pillé Lagny, ils avaient pillé Chelles. La dévastation était partout. Revenues à Chelles, après une émigration de deux mois, les religieuses se trouvèrent dans un dénuement tel que pour vivre elles durent se résoudre à vendre tous les objets précieux, soit en or, soit en argent, qu’elles avaient pu sauver ; tels que croix de diverses grandeurs , calices, chandeliers, la couverture du missel Saint-Eloy, sans compter la chasse de sainte Bathilde qui était en or massif. Dom Porcheron accorde les plus grandes éloges à la sage administration d’Adeline; il dit qu’elle sut faire rentrer dans le domaine de l’abbaye tous les biens usurpés, terminer tous les procès commencés, réparer tous les bâtiments conventuels et autres , veiller à ce que ses nonnes fussent pourvues de tous les objets nécessaires, que sans diminuer ses aumônes elle parvint dans l’espace de deux ans à payer toutes les dettes de la communauté, qu’elle fit toujours observer la discipline, en donnant elle-même l’exemple et respectant les plus petites observances, enfin qu’elle mit à la tête de l’administration des biens de l’abbaye un homme d’affaires digne de ce nom, vigilant, attentif, probe, entièrement dévoué aux intérêts de la maison. Quoi qu’il en soit, dom Porcheron ajoute que des rapports calomnieux dans lesquels Adeline était accusée de s’occuper exclusivement du temporel, de passer tout son temps en procès et de négliger tout le reste étaient parvenus à l’évêque de Paris; que sous l’impression de ces dénonciations, l’évêque avait ordonné qu’une visite épiscopale aurait lieu à Chelles, mais que l’abbesse ayant fourni les justifications les plus probantes, il avait fini par y renoncer. Adeline rendit son âme à Dieu en 1363. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).  (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques) (L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)

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Petronille II de Paroy

Trentième abbesse 1348-1354 Pétronille II de Paroy à qui les religieuses confièrent le gouvernement de l’abbaye après la mort de Marguerite, se trouva dans une détresse égale à celle que cette dernière avait éprouvée : « On ne pouvait rien tirer ni des receveurs ni des fermiers, tant le royaume était à l’étroit et chargé d’impôts. Le temporel de l’abbaye était alors dans le plus grand désordre par la négligence de son procureur ». Guillaume du Mail, Grand Prieure de France, frère de Pétronille, vint à son secours. Il lui prêta 400 livres dont il ne demanda jamais le remboursement. D’après un livre de compte longtemps conservé, le nombre des professes était toujours de 80. Parmi ces dernières était Mathilde, fille de Guillaume, chevalier, seigneur de Montfermeil. Il légua à sa fille un arpent de ville, pour faire retour, après sa mort, à l’infirmerie du monastère (1350). En 1349, l’abbesse Petronille de Paroy fut obligée de se rendre à Paris pour y promettre obéissance à l’évêque et à l’Église de Paris. Cette cérémonie devint en usage dès le temps de l’abbesse Ameline morte en 1205. L’abbesse Pétronille avait commencé son gouvernement dans une pauvreté extrême et elle mourut de même disent les auteurs de la Gaule chrétienne, par les friponneries, les fraudes cachées, et les rapines de l’homme d’affaires de la maison. Pétronille mourut en 1354. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).  (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques) (L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)

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