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Marguerite II de Pacy

Vingt-neuvième abbesse 1317-1348 Marguerite de Pacy, fille de Philippe Ier, marquis de Pacy, de la maison de Chatillon-sur-Marne,  était trésorière de sa maison lorsqu’elle fut élue abbesse au mois de juillet 1317. Marguerite II devait être douée d’un caractère singulièrement énergique, et son administration, qui ne dura pas moins de 31 ans, peut être considérée comme une des plus importantes de cette période. On sait que depuis le règne de Philippe Ier, les habitants de Chelles avaient joui de certains privilèges de commune et que les abbesses avaient presque toujours vécu en assez mauvaise intelligence  avec leurs sujets. Les Chellois s’étaient donné un maire et des jurés, avaient une maison commune dans laquelle ils se réunissaient pour délibérer sur les affaires de la communauté, et n’avaient pas craint d’usurper un sceau particulier dont ils scellaient leurs délibérations.  Or la dame de Chelles ne désirait rien tant que l’abolition définitive de privilèges qui gênaient son autorité seigneuriale. Au début de sa prélature, Marguerite II engagea résolument la lutte avec ses justiciables et, finalement obtint l’abolition de leur commune.  En 1319, lorsque la lutte entre l’abbesse et la commune éclata, les lettres patentes de Philippes Ier étaient probablement détruites, mais la charte de confirmation donnée par Louis le Gros en 1128 se trouvait dans le trésor des chartes, à la Sainte-Chapelle de Paris. A cette époque, il était extrêmement difficile de s’en procurer une copie. C’est dans ce dépôt qu’elle demeura jusqu’au dix-septième siècle en attendant que Pierre Dupuy vînt l’inventorier et que dom Martène la fît imprimer. La défaite des Chellois doit être attribuée moins à leur propre ignorance qu’à la négligence de leurs aïeux.  Quand on parcourt le Recueil des ordonnances du Louvre, on voit que les bourgeois des communes prenaient les plus grandes précautions pour conserver leurs chartes, et quand ces chartes avaient été détruites dans le cours de quelque guerre, les intéressés  s’empressaient de les faire renouveler. Or, la période comprise entre le règne de Philippe Ier et l’année 1319 n’embrasse pas moins de deux siècles et demi et comprend huit règnes. Dans le cours de cette longue période, il ne paraît pas que les Chellois  n’aient jamais demandé la confirmation de leurs privilèges. Il paraît au contraire que, pleins de confiance dans leurs coutumes notoires, ils n’eurent jamais la pensée de les faire confirmer. La victoire de l’abbesse devait avoir un revers. La rancune des Chellois ne devait pas tarder à se manifester. Dans le cours de l’été suivant, les sergents de l’abbaye ayant arrêté le nommé Rély Thibourt, dernier maire de Chelles, accusé de certains délits, le conduisaient à la prison, lorsque quelques habitants se jetèrent sur les sergents, délivrèrent le prisonnier et le reconduisirent jusqu’à sa maison en criant : Commune! Commune! Défendons Rély notre maire. Sur ces entrefaites, un nommé Pierre Thibourt, s’étant mis à la tête d’une foule de gens évaluée à 200 personnes au moins, était venu  à la rescousse avec armes en criant : Haro! Haro! sur les sergents, était tombé sur ces derniers et les avait atrocement blessés. Toute cette foule de gens prouve que dès le quatorzième siècle Chelles était un bourg très peuplé, car, dans cette foule,  on y voit figurer un médecin, un orfèvre, des artisans de diverses professions, notamment des peaussiers. On y voit aussi parmi les délinquants, une femme et trois hommes que l’on désigne par la qualification d’Anglais. Ce recours à la justice que l’abbesse Marguerite se vit forcée d’avoir lui causa beaucoup de sollicitude. Le comte de Roucy s’était emparé des droits de justice que le monastère possédait dans le Gâtinais. Le vassal dut se soumettre aux justes revendications de l’abbesse. Elle obtint du roi Philippe de Valois la restitution de 300 arpents de bois donnés par engagement à Guillaume de Garlande et confisqué ensuite au profit di fisc royal en conséquence de la disgrâce de ce seigneur. En 1331, jean de Pacy, bourgeois de Paris et sans doute parent de l’abbesse, signe en sa qualité de propriétaire du moulin du Prévost, une transaction avec la communauté. En 1335, Philippe de Valois fait une fondation de messes à célébrer sur l’autel de Saint-Pierre, dans l’église de Chelles. En 1343, Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe VI, donne au monastère l’ile dite de « Sainte-Bathilde », située dans la rivière de Marne, non loin de Gournay et près du moulin aux « Saints « qui appartenait à l’abbaye ainsi que le moulin du « Prévost ». Jeanne de Bourbon, femme de Charles V, par lettres datées de Crécy, accorda plus tard la haute justice du couvent sur ce dernier moulin (1367). Charles VI confirma ce droit en 1405. Les dames avaient également droit de censive seigneuriale sur une autre île nommée « Chasserat » (1205). L’abbesse Marguerite observa toujours, à l’égard des supérieurs ecclésiastiques, les rapports des plus hautes convenances. Entre les visites qu’elle reçut pendant son administration, elle eut celle de l’évêque de Paris. L’abbesse lui fit une réception magnifique. Elle fut d’une prodigalité princière envers le prélat. Elle lui offrit de riches présents en argenterie et en pierreries. C’était sans doute des présents que les filles nobles apportaient au monastère en y entrant et en se consacrant à Dieu. Marguerite n’oublia pas les pauvres. La veille de la fête de Sainte-Bathilde de l’an 1334, elle ordonna une aumône générale où il se trouva plus de 1200 pauvres  à qui on donna à chacun une obole. Elle faisait de même pour les religieuses, les frères et les sœurs que l’on appelait « rendus », ou dans d’autres endroits, « oblats » ou « commis ». C’était des personnes de l’un et de l’autre sexe  qui se rendaient au monastère pour leurs services. Les hommes, appelés « oblats », s’occupaient des travaux du dehors, et les femmes, appelées « rendues », des travaux du dedans. Les monastères possèdent encore aujourd’hui pour remplir les fonctions de domesticité, des frères « lais » dans les couvents d’hommes, et des sœurs « converses » dans les couvents de femmes. Dans la règle de Chelles, les converses étaient soumises à des statuts spéciaux. L’acte de réception était consigné dans

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Alix Ire Clignet d’Othis

Vingt-huitième abbesse 1311-1317 Alix était fille de Guillaume de Clignet, chevalier, seigneur d’Otis et de Laurence d’Otis. Elle était à l’abbaye avec ses deux sœurs, Jeanne et Marguerite. Du temps de l’ancienne abbesse, sa mère avait donné à l’abbaye 250 livres pour attirer sur elle et sur sa famille les bénédictions du ciel. De toutes les filles nobles qui s’étaient consacrées à Dieu dans le monastère de Chelles, Alix Clignet d’Othis fut choisie pour en être abbesse tant à cause de son mérite personnel que par ses vertus. Elle était charitable et maternelle avec ses sœurs en santé et en maladie. Elle avait une attention pleine de zèle  pour la régularité des offices divins. Alix avait pour religieuse Marie de Beaumanoir, fille du seigneur de ce nom, qui lui apporta en entrant dans sa maison, la somme de 500 livres qu’elle affecta au soulagement des malades. On la trouvait toujours auprès des malades ou à la tête de tous les exercices régulier, particulièrement à l’office divin. L’administration d’Alix ne dura que six ans. Une mort prématurée l’enleva à l’affection de ses filles en 1317. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).  (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques) (L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)

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Adeline de Nanteuil.

Vingt-septième abbesse 1280-1311 On apprend par des lettres du Roi Philippe le Hardi datées du vendredi avant les brandons (1er dimanche de Carême) qu’après la mort de Mathilde de Nanteuil, le siège abbatial de Chelles resta plusieurs années vacant. D’après la charte royale, datée de 1281, ce ne serait pas que le siège abbatial seulement  qui serait resté vacant, mais l’abbaye toute entière qui aurait été abandonnée. « Philippe par la grâce de Dieu roi des Français  à tous nos baillis, prévôts et justiciers salut. Nous avons appris que l’abbaye de Chelles étant restée longtemps vacante et, quoique des gardiens eussent été préposés par nous pour la conservation de ses droits, de ses possessions et de ses biens, les dits gardiens ont permis que ces droits et  possessions fussent usurpés. C’est pourquoi nous vous mandons que vous fassiez remettre l’abbaye en possessions et saisine  de tous ses biens en l’état où ils étaient, lorsque, par la suite de la vacance de ladite abbaye, nous les avons pris sous notre garde… Fait à Paris le vendredi avant les brandons l’an du seigneur mil deux cent quatre-vingt-un ». De cette charte royale il résulte que le monastère de Chelles, évacué par ses habitants, était resté vacant pendant un certain temps. En effet on n’aurait pas eu besoin d’y placer des gardiens s’il n’avait pas été complètement abandonné. Une ordonnance royale enjoignit à tous particuliers qui se seraient emparés des biens, privilèges et autres droits du monastère, de les restituer sans délai. Le prince envoya des gardes royaux chargés de faire exécuter ses volontés bienveillantes envers le couvent et de le protéger envers les malfaiteurs. Adeline de Nanteuil que l’on dit nièce de Mathilde fut élue vers 1280, s’acquit une grande réputation d’activité, de sagesse et de régularité. Simon, évêque de Paris, lui confia deux de ses nièces et supplia de les admettre au nombre de ses religieuses si elles en avaient les qualités requises. Pierre évêque de Senlis lui permit, en 1292, de dire la messe dans sa chapelle de Baron et d’y célébrer l’office divin quand elle y serait avec quelques unes de ses religieuses. Cette réputation de l’abbesse Adeline lui attira la confiance de plusieurs seigneurs et des bienfaits pour sa maison. Raoul de Préaux seigneur de Renneval et sa femme Pétronille de Nanteuil, sœur de l’abbesse, la fréquentaient souvent, y ayant une fille religieuse sous la conduite de sa tante. Ils se servirent de Pierre de Mitry, chapelain de Saint-Georges pour proposer la donation d’une maison et de 45 arpents de terre qu’ils avaient acheté au territoire de Chelles. Ils apposèrent des conditions sur le produit annuel de ce fond: on en donnerait 6 livres à la prieure pour l’achat des amandes à Lagny , que l’on distribuerait à toutes les religieuses, 20 sols à la trésorière pour qu’elle fournisse des cierges qu’elle ferait allumer à toutes les grandes messes pendant l’élévation, 20 sols pour l’augmentation de quatre cierges aux services et enterrement des religieuses, de 6 sols à ceux des officiers de la maison et que le restant serait appliqué pour l’acquit d’un anniversaire pour le repos des âmes des bienfaiteurs. Les clauses de cette donation rappelèrent à l’abbesse Adeline et à sa communauté l’ancien usage que l’on observait à la mort de chaque religieuse. La coutume était que l’on donnait aux pauvres toute la dépense annuelle de la religieuse décédée tant en nourriture qu’en entretien, et ce pendant un mois seulement et avec une trentaine de messes C’est ce que l’on appelait une prébende. Elle proposa à la communauté de rétablir l’ancien usage : une messe quotidienne sera célébrée à l’intention de la religieuse défunte ; le prêtre chargé de la dire logera dans les dépendances extérieures de la maison, et, à la prébende de la défunte qui lui sera servie pour ses besoins, on ajoutera deux mesures de vin par jour. Et il fut ajouté que dans le cas d’un double décès dans l’année, l’occurrence sera toute au profit des pauvres. Laurence d’Othis veuve de Guillaume de Clignet, chevalier avait trois filles religieuses à Chelles, Alix, Jeanne et Marguerite et en les visitant elle s’édifia de la ferveur avec laquelle on s’acquittait du devoir de l’office divin. Elle voulu y participer en donnant à l’abbaye 250 livres pour attirer sur elle et sur sa famille les bénédictions du ciel. La communauté reconnaissante du bienfait s’engagea à une grande messe des défunts. Pour cette intention elle chargea un prêtre de la dire à la chapelle Sainte-Bathilde. On trouva un fonds de 12 livres 10 sols de rente pour son entretien. Mathieu de Roy avait également plusieurs filles religieuses à Chelles. L’abbaye ayant quelques arpents de vigne dans le Gâtinais,  Il concéda « un buffet de vin » au profit de la communauté. Le « buffet de vin » était un droit seigneurial de vendre du vin moyennant certains privilèges. Cette concession fut toute gracieuse et libre de toute charge. Elle produisait 12 livres 10 sous. On trouve encore, parmi les religieuses de Chelles en ce temps ci, Éléonore de Melun de l’ancienne maison de ce nom. Son père Jean de Melun maréchal de France et grand chambellan, rendit de grands services au roi Philippe V dit le Long. Si l’on en juge par quelques uns de ses actes, l’administration d’Adeline n’aurait pas été inutile pour l’abbaye. C’est Adeline qui provoqua l’enquête de 1286 de laquelle il résulte que l’abbesse de Chelles y a la haute justice. C’est également sous son administration que fut complété l’acquisition du fief de Pomponne. Suivant les énonciations du vieux cartulaire, Adeline aurait acquis des Templiers certains cens que ces derniers possédaient à Chelles. Avant de mourir, Adeline n’oublia pas de faire une fondation pour le repos de son âme. Elle avait reçu de sa famille la somme de 200 livres. Elle acheta 42 arpents de bois et en retira un revenu de 10 livres par an consacrées à la célébration d’un service annuel le jour de sa mort pour le repos de son âme. Elle ordonna qu’en

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