Aller au contenu

Documents Chellois

Les derniers partages

Alix Ire Clignet d’Othis

Vingt-huitième abbesse 1311-1317 Alix était fille de Guillaume de Clignet, chevalier, seigneur d’Otis et de Laurence d’Otis. Elle était à l’abbaye avec ses deux sœurs, Jeanne et Marguerite. Du temps de l’ancienne abbesse, sa mère avait donné à l’abbaye 250 livres pour attirer sur elle et sur sa famille les bénédictions du ciel. De toutes les filles nobles qui s’étaient consacrées à Dieu dans le monastère de Chelles, Alix Clignet d’Othis fut choisie pour en être abbesse tant à cause de son mérite personnel que par ses vertus. Elle était charitable et maternelle avec ses sœurs en santé et en maladie. Elle avait une attention pleine de zèle  pour la régularité des offices divins. Alix avait pour religieuse Marie de Beaumanoir, fille du seigneur de ce nom, qui lui apporta en entrant dans sa maison, la somme de 500 livres qu’elle affecta au soulagement des malades. On la trouvait toujours auprès des malades ou à la tête de tous les exercices régulier, particulièrement à l’office divin. L’administration d’Alix ne dura que six ans. Une mort prématurée l’enleva à l’affection de ses filles en 1317. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).  (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques) (L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)

Lire la suite »

Adeline de Nanteuil.

Vingt-septième abbesse 1280-1311 On apprend par des lettres du Roi Philippe le Hardi datées du vendredi avant les brandons (1er dimanche de Carême) qu’après la mort de Mathilde de Nanteuil, le siège abbatial de Chelles resta plusieurs années vacant. D’après la charte royale, datée de 1281, ce ne serait pas que le siège abbatial seulement  qui serait resté vacant, mais l’abbaye toute entière qui aurait été abandonnée. « Philippe par la grâce de Dieu roi des Français  à tous nos baillis, prévôts et justiciers salut. Nous avons appris que l’abbaye de Chelles étant restée longtemps vacante et, quoique des gardiens eussent été préposés par nous pour la conservation de ses droits, de ses possessions et de ses biens, les dits gardiens ont permis que ces droits et  possessions fussent usurpés. C’est pourquoi nous vous mandons que vous fassiez remettre l’abbaye en possessions et saisine  de tous ses biens en l’état où ils étaient, lorsque, par la suite de la vacance de ladite abbaye, nous les avons pris sous notre garde… Fait à Paris le vendredi avant les brandons l’an du seigneur mil deux cent quatre-vingt-un ». De cette charte royale il résulte que le monastère de Chelles, évacué par ses habitants, était resté vacant pendant un certain temps. En effet on n’aurait pas eu besoin d’y placer des gardiens s’il n’avait pas été complètement abandonné. Une ordonnance royale enjoignit à tous particuliers qui se seraient emparés des biens, privilèges et autres droits du monastère, de les restituer sans délai. Le prince envoya des gardes royaux chargés de faire exécuter ses volontés bienveillantes envers le couvent et de le protéger envers les malfaiteurs. Adeline de Nanteuil que l’on dit nièce de Mathilde fut élue vers 1280, s’acquit une grande réputation d’activité, de sagesse et de régularité. Simon, évêque de Paris, lui confia deux de ses nièces et supplia de les admettre au nombre de ses religieuses si elles en avaient les qualités requises. Pierre évêque de Senlis lui permit, en 1292, de dire la messe dans sa chapelle de Baron et d’y célébrer l’office divin quand elle y serait avec quelques unes de ses religieuses. Cette réputation de l’abbesse Adeline lui attira la confiance de plusieurs seigneurs et des bienfaits pour sa maison. Raoul de Préaux seigneur de Renneval et sa femme Pétronille de Nanteuil, sœur de l’abbesse, la fréquentaient souvent, y ayant une fille religieuse sous la conduite de sa tante. Ils se servirent de Pierre de Mitry, chapelain de Saint-Georges pour proposer la donation d’une maison et de 45 arpents de terre qu’ils avaient acheté au territoire de Chelles. Ils apposèrent des conditions sur le produit annuel de ce fond: on en donnerait 6 livres à la prieure pour l’achat des amandes à Lagny , que l’on distribuerait à toutes les religieuses, 20 sols à la trésorière pour qu’elle fournisse des cierges qu’elle ferait allumer à toutes les grandes messes pendant l’élévation, 20 sols pour l’augmentation de quatre cierges aux services et enterrement des religieuses, de 6 sols à ceux des officiers de la maison et que le restant serait appliqué pour l’acquit d’un anniversaire pour le repos des âmes des bienfaiteurs. Les clauses de cette donation rappelèrent à l’abbesse Adeline et à sa communauté l’ancien usage que l’on observait à la mort de chaque religieuse. La coutume était que l’on donnait aux pauvres toute la dépense annuelle de la religieuse décédée tant en nourriture qu’en entretien, et ce pendant un mois seulement et avec une trentaine de messes C’est ce que l’on appelait une prébende. Elle proposa à la communauté de rétablir l’ancien usage : une messe quotidienne sera célébrée à l’intention de la religieuse défunte ; le prêtre chargé de la dire logera dans les dépendances extérieures de la maison, et, à la prébende de la défunte qui lui sera servie pour ses besoins, on ajoutera deux mesures de vin par jour. Et il fut ajouté que dans le cas d’un double décès dans l’année, l’occurrence sera toute au profit des pauvres. Laurence d’Othis veuve de Guillaume de Clignet, chevalier avait trois filles religieuses à Chelles, Alix, Jeanne et Marguerite et en les visitant elle s’édifia de la ferveur avec laquelle on s’acquittait du devoir de l’office divin. Elle voulu y participer en donnant à l’abbaye 250 livres pour attirer sur elle et sur sa famille les bénédictions du ciel. La communauté reconnaissante du bienfait s’engagea à une grande messe des défunts. Pour cette intention elle chargea un prêtre de la dire à la chapelle Sainte-Bathilde. On trouva un fonds de 12 livres 10 sols de rente pour son entretien. Mathieu de Roy avait également plusieurs filles religieuses à Chelles. L’abbaye ayant quelques arpents de vigne dans le Gâtinais,  Il concéda « un buffet de vin » au profit de la communauté. Le « buffet de vin » était un droit seigneurial de vendre du vin moyennant certains privilèges. Cette concession fut toute gracieuse et libre de toute charge. Elle produisait 12 livres 10 sous. On trouve encore, parmi les religieuses de Chelles en ce temps ci, Éléonore de Melun de l’ancienne maison de ce nom. Son père Jean de Melun maréchal de France et grand chambellan, rendit de grands services au roi Philippe V dit le Long. Si l’on en juge par quelques uns de ses actes, l’administration d’Adeline n’aurait pas été inutile pour l’abbaye. C’est Adeline qui provoqua l’enquête de 1286 de laquelle il résulte que l’abbesse de Chelles y a la haute justice. C’est également sous son administration que fut complété l’acquisition du fief de Pomponne. Suivant les énonciations du vieux cartulaire, Adeline aurait acquis des Templiers certains cens que ces derniers possédaient à Chelles. Avant de mourir, Adeline n’oublia pas de faire une fondation pour le repos de son âme. Elle avait reçu de sa famille la somme de 200 livres. Elle acheta 42 arpents de bois et en retira un revenu de 10 livres par an consacrées à la célébration d’un service annuel le jour de sa mort pour le repos de son âme. Elle ordonna qu’en

Lire la suite »

Mathilde V de Nanteuil

Vingt-sixième abbesse.                                     1250-1274. Mahaut ou Mathilde V doit son origine à la petite ville de Nanteuil au diocèse de Paris. Elle eut deux frères Jean et Radulfe (Raoul) de Nanteuil. Le premier devint évêque de Troyes et le second évêque de Beauvais. Elle avait aussi deux nièce que laissa un frère aîné, l’une épousa Radulfe de Préaux seigneur de Renneval et l’autre s’étant rendue religieuse à Chelles en devint abbesse après sa tante. Avant d’être élue abbesse Mathilde remplissait les fonctions de prieure. La charge de prieure est d’une certaine importance dans la direction spirituelle et temporelle d’une communauté. Élue abbesse, Mathilde était d’une capacité peu commune dans les affaires les plus importantes, vertueuse, vigilante pour le droit de la maison, zélée pour l’observance des anciennes pratiques ; mais, en plusieurs circonstances, elle oublia sa qualité de Mère, écoutant trop son penchant à l’autorité absolue, despotisme toujours dangereux quand il n’est pas tempéré par les sentiments de la tendresse du cœur et de la discrétion. On rapporte qu’elle se faisait obéir avec une autorité trop rigoureuse, et qu’elle exigeait des satisfactions au-delà des délits. Les moines de Chelles, qui formaient ce que l’on appelait la Congrégation de Saint-Georges, ayant eu la prétention de faire dans les bâtiments qu’ils occupaient, certains actes de propriétaires, trouvèrent chez la nouvelle abbesse la même résistance qu’ils avaient autrefois rencontrée chez Mathilde IV. A la demande formelle de l’abbesse, les moines reconnurent qu’ils n’avaient aucun droit de propriété sur les bâtiments en question ; qu’ils en avaient uniquement la jouissance en vertu d’une faveur spéciale.  Jean Saradin, curé de Saint-Georges avait célébré quelques mariages sans la permission de l’abbesse. Mathilde exigea qu’il lui demandât pardon en présence de l’évêque de Thérouanne et de quelques autres personnes. Frère Gilbert, chargé du soin d’administrer l’Hôtel-Dieu, avait semé la division autour de lui, en outre il avait adressé des plaintes à l’évêque de Paris sans la permission de l’abbesse. Celle-ci, sans avoir égard aux sollicitations du même évêque de Thérouanne, qui priait Pétronille d’épargner à frère Gilbert une humiliation, condamna ce dernier à jeuner au pain et à l’eau pendant trois jours et lui retira les clefs de l’Hôtel-Dieu. l’hôtel-Dieu, dont il vient d’être question , a été peu connu.« je ne l’ai pas trouvé , dit l’abbé Lebeuf, dans le catalogue des maisons-Dieu exemptes en 1351. En cette année-là , c’était la léproserie de Gournay qui servait  pour les malades de Chelles. Il y avait cependant un hôpital à Chelles. La chapelle de cet hôpital , du titre de Saint-Michel, avait été détruite par les guerres ». Un plan des biens de la famille Trinquand relevé par Nicolas Mottet, maître d’école en 1750, indique plusieurs pièces de terre appartenant à cet Hôtel-Dieu, entre autres deux pièces de vigne données par Collet, de Pomponne , en 1249, et dont le titre se trouve aux archives départementales. Dom Placide Porcheron qui rapporte ces actes de rigueur, ajoute que Mathilde faisait rendre la justice avec sévérité, mais avec exactitude, et partageait libéralement les amendes entre sa communauté et les officiers de justice. Cependant, dans les causes les plus graves, comme les pillages, les vols  considérables et les meurtres, elle renvoyait les accusés devant le maire et les jurés. A cette occasion, dom Porcheron énonce un titre de 1247, duquel il résulte que l’abbaye de Chelles avait coutume de donner tous les ans, le jour de Pâques, au desservant de Saint-Georges, une galette avec un quartier d’agneau. Le Gallia Christiana  et dom Porcheron reprochent à Mathilde d’avoir permis que ses religieuses reçussent des pensions dont elles pussent disposer à leur volonté. Dom Porcheron en cite même deux exemples, et considère, avec raison, que cette tolérance était préjudiciable à la discipline et qu’elle était la source des plus grands abus. Son caractère ferme et rigide étant connu, on s’étonne que Pétronille ait autorisé cette infraction à la règle. En 24 années de sa prélature, Mathilde enrichit le monastère de plusieurs acquisitions : 1250, Mathilde conclut une transaction avec Nicolas Regnault et Hugues de Pomponne sur le droit de minage, rouage, tonlieu et autres coutumes. l’acte est scellé du sceau de Nicolas de Pomponne, écuyer. 1254, Henri comte de Grand Pré, donne 20 sous de rente à percevoir sur le passage de Bondy, en reconnaissance des prières faites par la communauté pour son fils qu’il venait de perdre. 1256, l’abbesse signe une convention passée entre sa maison, le procureur fiscal et les habitants de Chelles. 1257, Tous les revenus et profits des chanoines sur la paroisse Saint-Georges sont acquis à la mense abbatiale. Cette église tombait en ruine, les bâtiments occupés par les ecclésiastiques étaient délabrés. Une reconstruction totale était devenue indispensable. Mathilde pris à sa charge tous les travaux de réparation, l’entretien des objets nécessaire au culte, sous la condition qu’elle prélèverait tous les revenus de la paroisse. En outre chaque chanoine s’engagea à lui payer 40 sous et chaque clerc 20 sous annuellement. En trois années, l’église et les logements des chapelains furent réédifiés.  Depuis cette époque, les chanoines, les clercs et le chefcier de la paroisse tombèrent dans une absolue dépendance des abbesses. 1262, Mathilde achète de Thibault de Fontenelle la seigneurie, les terres et les droits qu’il possède à Montfermeil, moyennant la somme de 87 livres. Onze ans après , Guillaume de Baron se rendit propriétaire de ce domaine. Cependant la seigneurie est toujours restée comme mouvance en plein fief de l’abbaye de Chelles. 1262, Raoul de Gournay cède au monastère une maison tenant au cimetière de l’abbaye et à la chapelle Saint-Michel. 1263, Mathilde achète les biens dont jouissaient Bertrand et Nicolas des Prés, à Neuilly, en Beauvoisis. dans cette acquisition, elle prive ses successeurs du droit d’aliéner ce domaine pour quelle cause que ce soit. Les abbesses jureront sur les Saints Évangiles de garder fidèlement toutes les clauses du contrat notamment celles qui regardent le soulagement des malades, la nourriture et l’entretien des religieuses. Fidèles à ces engagements sacrés, le monastère conserva cette propriété jusqu’à la Révolution.

Lire la suite »