Quarante-cinquième abbesse.
Cinquième triennale.
1518-1538.
Barbe de Tallansac ou Taillansac , suivant le Gallia Christiana, était issue d’une famille noble du Poitou et comme la précédente abbesse, Marguerite de Champrond, était professe en l’abbaye même de Chelles.
Après une période de trois ans, Barbe résigna à ses fonctions et fut remplacée par Madeleine d’Eschelles, laquelle à son tour fut remplacée par Barbe de Tallanssac.
Ces deux abbesses élues plusieurs fois alternativement occupèrent le siège abbatial de 1518 à 1542.
Dom Porcheron loue particulièrement le zèle de Barbe pour la réforme, sa vigilance pour le maintien de la règle et son extrême fermeté.
Ne s’absorbant pas exclusivement dans ses devoirs spirituels, Barbe déploya la plus grande activité pour améliorer et pour accroître les biens temporels de la communauté.
Elle fit l’acquisition d’une rente de 25 livres sur le fief de Feularde (Vaudoué 77) qui fut acquit par la suite en toute propriété pour la somme de 3200 livres le 17 mars 1527 et l’acquisition du moulin de Thirel dont le revenu était de 14 livres.
Elle fit réparer quelques bâtiments de l’abbaye qui depuis longtemps étaient en mauvais état. Le dortoir fut considérablement agrandi on y installa 80 cellules pour les religieuses et une salle d’école pour les novices. Au rez de chaussée fut installée une grande salle que l’on nommait la communauté. Elle fit construire également un noviciat.
Elle fit faire les infirmeries, les caves, les bergeries, fit paver la cour de devant acquit le terrain dont elle fit une cour derrière et fit reconstruire presqu’entièrement le monastère des moines.
Elle fit relier plusieurs volumes destinés à la transcription des actes authentiques du couvent. Enfin voulant surtout laisser un témoignage de sa piété, elle écrivit huit gros livres de chant sur parchemin, paroles et notes de l’office divin (graduel et antiphonaires). Ces huit gros volumes furent par la suite vendus à des brocanteurs.
Pendant le gouvernement de l’abbesse, il y avait 6 religieux, pour desservir l’abbaye, de l’ordre de Saint-Benoît à la tête desquels était Dom Laurent visiteurs des maisons agrégées à la nouvelle congrégation, et il y avait un noviciat pour de futurs religieux que l’on admettait à la profession. Aucun de ces religieux n’en pouvait sortir pour aller demeurer ailleurs sans le consentement de l’abbesse.
Deux fléaux affligèrent le pays sous son administration. La peste sévit à Paris en 1522. Le roi François Ier eut un moment l’intention de se retirer à Lagny , dans l’abbaye Saint-Pierre, avec son parlement. Jérôme de Louvier, abbé de cette maison, l’en dissuada parce que la ville était sous le coup du même fléau, la peste.
Un hiver rigoureux, en 1524, deux ans après, détruisit toutes les graines plantées en automne. Il a fallut labourer et replanter. A la mi-août les blés étaient encore en fleur. La vie était devenue excessivement chère. La charité, de l’Église et des monastères, était la bien venue.
Barbe de Tallansac, alternativement élue abbesse de Chelles avec Madeleine D’Eschelles, après avoir exercé la charge de matorise (abbesse) pendant dix ans et six mois, comprenant deux élections, mourut pendant son exercice, le 8 janvier 1538.
Ses religieuses la pleurèrent amèrement surtout sa nièce Jeanne de Tallansac qu’elle laissa après elle dans l’abbaye de Chelles.
(DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).
(BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques)
(L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)