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Agnès Ière de la Queue.

Trente-troisième abbesse.

1363-1368.

Après Jeanne Ière  de Soisy, les religieuses élirent Agnès Ière de la Queue-en-Brie, laquelle exerça les fonctions d’abbesse jusqu’en 1368.

Quoique la France fût alors dans une situation déplorable qui ne devait pas s’améliorer de sitôt, l’administration d’Agnès ne se ressentit que très indirectement des calamités de la guerre.

Pendant les premières années du règne de Charles V, les hostilités étant suspendues, et les environs de Paris se trouvant débarrassés des bandes de pillards qui les avaient si longtemps saccagés, nos religieuses restaient à Chelles, mais néanmoins pour avoir une protection contre les oppressions, inquiétacions, et molestations qu’elles redoutaient, elles s’adressèrent au roi qui s’empressa de répondre à leurs supplications et leur accorda des lettres de sauvegarde (juillet 1466).

Je n’ai pas besoin d’ajouter que la protection qui résultait des lettres de sauvegarde n’avait aucune efficacité dans les temps de guerre et d’anarchie.

Les religieuses possédaient, sur la rivière de Marne, un moulin appelé le haut moulin ou le moulin au prévôt. En 1367, le prévôt de Gournay, prétendant que la reine, à cause de sa seigneurie dudit lieu, avait la justice sur ce moulin, en fit saisir les mesures à l’effet de les étalonner.

Mais la reine, à qui l’abbesse avait adressé ses plaintes, s’étant informée sur les droits de cette dernière et, par l’enquête, ayant reconnu que l’abbaye était en possession de la justice sur le dit moulin, fit défense expresse à ses bailli, prévôt et autres officiers de la justice de Gournay de troubler les religieuses dans l’exercice de leur droit; elle leur enjoignit en outre de délivrer les  mesures qui auraient été saisies.

À la même époque, la reine fit don à l’abbaye d’une petite ilette appelée l’isle Sainte-Bathilde, sise en la rivière de Marne proche le haut moulin.

A l’administration d’Agnès se rapporte l’acquisition d’une maison dite : La maison de la pomme assise à Paris au vieux cimetière Saint-Jean et contigüe à la maison du Mouton (5 mars 1367). Les lettres d’amortissement données par Charles V disent : que la maison dont il s’agit a été acquise par les religieuses de Chelles pour agrandir leur maison du Mouton dans laquelle elles étaient trop à l’étroit. Que pour opérer la réunion de ces deux maisons en une seule, elles ont fait beaucoup de frais d’aménagement et qu’elles ont disposé cette résidence pour se retirer en la bonne ville de Paris durant les guerres.

Agnès fit faire plusieurs réparations des bâtiments du monastère. Elle consolida les murs de l’église Saint-Georges « qui était toute découverte et en gros danger de choir et a fait faire l’arche du milieu de la dite église de pierre de taille en laquelle on n’avait pas chanté de messe depuis deux ans  et remit à neuf les chapelles Saint-Etienne et Saint-Pierre de la Boucherie ».

Agnès de la Queue mourut le 1 mai 1368, n’ayant gouverné son monastère que 5 ans.

(DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).

 (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques)

(L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)