Quatorzième abbesse
1112-1155
L’abbaye de Chelles ne resta pas longtemps sans chef.
Après la mort de Mathilde Ière , rapidement il a été choisi une nouvelle abbesse, elle faisait partie des moniales de l’abbaye, nommée Aveline ou Améline suivant les textes.
Elle s’appliqua à maintenir le bien par la pureté de ses mœurs et par sa vigilance à la conduite de son monastère.
Ses vertus connues et respectées attirèrent des jeunes filles de premier rang, toutes empressées à se consacrer à Dieu.
Toute la prélature de cette vertueuse abbesse fut troublée par les guerres de Louis le Gros contre les vassaux de la contrée.
Des seigneurs puissants s’empressèrent de favoriser une maison où Dieu était si parfaitement servi. Le comte Raoul de Vermandois se déclara un des premiers, son protecteur. Il empêcha par son crédit qu’elle ne fut ravagée par les gens de guerre dont le pays était inondé.
Le château de Livry, si voisin de l’abbaye de Chelles, était alors un poste important. Le roi Louis le Gros résolut de l’assiéger et de prévenir les secours que le roi d’Angleterre et Thibault comte de Champagne devaient y envoyer pour sa défense.
Le siège fut long et meurtrier. Radulfe (Raoul) de Vermandois y perdit un œil et le roi y fut blessé à la cuisse.
Le monastère de Chelles eut à souffrir de cette proximité. Il avait besoin, pour lui et ses dépendances, de la protection royale et des seigneurs qui lui étaient attachés. Non seulement Louis VI lui accorda toutes les sauvegardes nécessaires mais il lui renouvela tous ses privilèges, reconnut les donations que les rois ses prédécesseurs lui avaient faites et à la prière du comte Radulfe , il confirma ses possessions pour la nourriture et l’entretien de 120 religieuses. Ce diplôme est de l’an 1127.
Par sa charte de donation, Louis le Gros déclare que les nonnes, après le décès de leur abbesse, auront le droit d’en élire une autre.
Enfin, étendant sa protection aux habitants mêmes du bourg de Chelles, il fait savoir que tous les sujets de la seigneurie de Chelles auront les mêmes droits que les habitants des domaines royaux en quelques lieux qu’ils se transportent.
Par cette dernière disposition, Louis le Gros confirmait un droit dont les chellois étaient en possession depuis le règne de Philippe 1er .
Par cette charte , Louis le Gros reconnaît que l’abbesse est dame haute-justicière de la terre et seigneurie de Chelles ainsi que de Baron en Beauvoisis, de Noisy en Gâtinais, de Mitry et d’Osny.
L’abbesse Aveline eut beaucoup de part à cette mémorable faveur et n’oublia aucuns de ses soins pour prévenir tous fâcheux événements. En défendant le temporel de sa maison elle n’oublia pas ce qu’elle devait au spirituel.
On la voit encore à la tête de sa nombreuse communauté en 1137. L’évêque de Meaux contestait à l’abbesse de Chelles le droit de patronage sur la cure de Mitry. En présence de la charte de Louis le Gros, il dut admettre les prétentions d’Ameline, et, par un traité fait avec cette dernière en 1137, il reconnut que l’abbesse de Chelles avait le droit de présentation à la cure de Mitry c’est-à-dire que l’abbesse de Chelles avait le droit de présenté un abbé à la cure. Ce droit ne fut plus contesté. Nos abbesses l’exercèrent jusqu’en 1790.
(DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).
(BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques)
(L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)