Alix II de Thorote.
Trente-septième abbesse. 1414-1419. L’année même de la mort d’Agnès de Neuville, les religieuses s’assemblèrent pour élire Alix de Thorote. Son nom ne se trouve point dans le catalogue de nos abbesses, mais le Gallia christiana signale son serment entre les mains de l’évêque de Paris. Alix ne gouverna le monastère que 5 années. Dans le nombre des documents relatifs à cette époque, on ne trouve qu’un seul acte. C’est une transaction passée entre les habitants et les religieuses d’une part et les habitants de Montfermeil d’autre part pour l’exploitation de quelques arpents de pré qui leur appartenaient en commun. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326). (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques) (L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)
Agnès II de Neuville.
Trente-sixième abbesse. 1399-1414. Jeanne III mourut en 1399 et fut remplacée par Agnès II de Neuville, laquelle était de noble extraction disent les auteurs du Gallia Christiana . Un de ses parents était huissier d’armes du roi Charles VI. La nouvelle abbesse n’éprouva que des calamités, car elle eut non seulement à subir les mauvais traitements des gens de guerre et les exactions des collecteurs, mais elle eut encore la douleur de voir son abbaye presqu’entièrement détruite par un incendie que le feu du ciel avait allumé (la foudre). Les gens de guerre commettaient journellement des actes de violence et de dévastation si odieux que nos religieuses trop exposées, prirent la décision de se réfugier à Paris. Pendant leur absence, les gens de guerre dévastèrent les bâtiments que le dernier incendie avait épargnés, renversèrent les clôtures et firent subir aux gardiens du monastère des molestations de tous genres. De retour à Chelles, nos religieuses trouvèrent leur couvent saccagé et leurs revenus confisqués. Les collecteurs des subsides ne sachant à qui s’adresser avaient saisi les revenus de l’abbaye. Après avoir obtenu la gestion libre des revenus de l’abbaye avec la protection de la reine Isabelle de Bavière qui se trouvait pour lors à Melun, Agnès II s’efforça de mériter la protection du ciel en instituant l’aumône des 600 pains que l’on nommait aussi la donnée de Sainte-Bathilde. En 1411, la situation de la France ne s’étant pas améliorée, les Chellois étant sans cesse exposés aux incursions de la racaille des robeurs et pilleurs, les Chellois comprirent que ce qu’ils avaient de mieux à faire était de se protéger eux-mêmes et de mettre leur ville en état de défense. Avec le concours des abbesses et couvent de Chelles, ils adressèrent au roi une nouvelle requête par laquelle, après avoir exposé leur détresse, ils déclarèrent : qu’ils étaient prêts et appareillés à mettre et consacrer la plus grande partie de leur chevance (revenus fonciers) à la fortification de leur ville, à vaquer hâtivement et dans le plus bref délai que faire se pourrait à tous les travaux que la dite fortification exigerait. En conséquence ils requéraient que le dit roi voulût bien leur donner licence et congé de fortifier à leurs frais et dépens le mieux et le plus convenablement qu’ils pourraient leur dite ville de Chelles. Charles VI obtempéra aux vœux des Chellois et désirant, de tout cœur, son povre peuple être gardé et observé de toutes oppressions, donna et octroya aux religieuses, manans et habitants de la ville de Chelles, congé et licence de fortifier et emparer la dite ville de fossez, murs, portes et de toutes autres choses à ce nécessaires (lettres patentes du 17 mars 1411) Les travaux de cette nature, exécutés aux frais des habitants, devaient provoquer des protestations assez vives. En effet, tous les chefs de famille devant y contribuer en proportion des biens qu’ils possédaient dans l’enceinte de la ville, il était nécessaire de procéder à des expertises, à des évaluations, pour fixer la part contributive de chacun. Ces fortifications consistaient en un fossé creusé autour de la ville dont chaque issue serait garnie d’une porte que l’on fermerait en temps de guerre, lorsque l’on redouterait une surprise. Ont-elles existé ? Je ne saurais l’affirmer. Nos religieuses, à forces de quitter l’abbaye et y revenir quelques mois plus-tard, avaient contracté des habitudes peu conformes à la vie monastique et étaient tombées dans le relâchement. Dans ces circonstances, l’évêque de Paris, sans se concerter avec l’abbesse, crut devoir indiquer une visite épiscopale à Chelles. Mais Agnès, considérant qu’il aurait pour effet de rendre ses religieuses suspectes, fit signifier à l’évêque une protestation formelle, lui déclarant qu’il avait été trompé par des rapports mensongers ; qu’aucun délit n’avait été commis dans l’abbaye ; que la visite épiscopale ne pouvait donc avoir que des inconvénients. A la protestation d’Agnès, l’évêque répondit par une ordonnance de visitation qu’il fit immédiatement placarder sur un des piliers de l’église conventuelle et publier au prône des églises paroissiales des environs. L’administration d’Agnès II prit fin à sa mort en 1414. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326). (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques) (L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)
Jeanne III de Roye.
Trente-cinquième abbesse. 1379-1399. Lorsque l’abbesse mourait, la prieure qui, dans la hiérarchie conventuelle, occupait le premier rang après cette dernière prenait en main l’administration provisoire de la maison et devait, dans le plus bref délai, faire procéder à l’élection d’une nouvelle abbesse. A cet effet, la grande prieure Laurence de Pontmolain demanda au roi Charles V la permission de s’assembler et de remplir le siège abbatial. Jeanne II fut remplacée par Jeanne III de Roy le 24 novembre 1379. La nouvelle abbesse nommée à l’unanimité était fille de Mathieu gouverneur de Roy en Picardie, grand maître des arbalétriers de France et de Jeanne de Chérisy, dame de Muret et sœur de Guy, archevêque de Reims. A cette époque, le monastère de Chelles comprenait 35 religieuses professes dont deux se trouvaient absentes, ce qui prouve que la clôture n’était pas observée rigoureusement. Après avoir gouverné sa maison pendant vingt ans au milieu des révolutions continuelles et dans les temps les plus orageux, jeanne de Roy mourut en 1399. Son corps enterré dans le chœur était couvert d’une tombe ornée d’une épitaphe que l’on a transportée devant le chapitre lorsque l’on fit paver le chœur. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326). (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques) (L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)
Jeanne II de la Forest.
Trente-quatrième abbesse. 1368-1379. Agnès Ière mourut en 1368 et fut remplacée par Jeanne II de La Forest qui, avant de recevoir la crosse abbatiale avait exercé les fonctions de dépositaire à l’abbaye même de Chelles, c’est-à-dire qu’elle était chargée de veiller à la garde de la bourse commune et des archives de la maison. Jeanne, fille de Philippe de La Forest et de Marguerite de La Chapelle, était sœur de Pierre III de La Forest, évêque de Paris et chancelier de France. C’est probablement à cause de cette parenté qu’elle se fit bénir, le 9 septembre 1368, dans l’église cathédrale de Paris. Le prélat s’était prêté de bonne grâce à la cérémonie, mais il revendiqua un droit épiscopal. Jeanne refusa de payer. D’après Dom Porcheron, Jeanne n’aurait pas voulu qu’une taxe onéreuse pour sa maison datât de son administration. Au temps de Jeanne II, le noble royaume de France n’était pas plus tranquille que nous ne l’avons vu sous Adeline II : en Bauvoisis, en Champagne, en Brie, tout le plat pays était rempli d’Anglois et de Navarrois qui gatoient, rançonnoient et honnissoient tout… les petites gens mouroient de faim… et dura cette dureté et ce cher temps plus de quatre ans. Redoutant pour la sécurité de sa communauté, Jeanne abandonna le monastère et conduisit ses religieuses à Paris, où deux d’entre elles y moururent : Isabelle de Compans et Isabelle de Rocherolle. A leur retour, les religieuses trouvèrent la maison dans le plus pitoyable état. Tout était pillé, saccagé. Il fallu une fois encore réparer les dégâts. Cette dépense faite, l’abbesse fit rétablir la chapelle Saint-Eloi et la sépulture de sainte Bathilde. Vers 1376, le roi Charles V et la reine Jeanne de Bourbon, accompagnés de toute la noblesse du royaume, se rendirent de leur palais de Beauté-sur-Marne (Nogent-sur-Marne) dans la plaine de Chelles proche la croix de Sainte-Bathilde dite de Chilpér0.ic (en face le marché, de l’autre côté de l’avenue de la Résistance) où étaient le rendez-vous de plusieurs évolutions militaires. La reine avait pris son logement dans le monastère. Son confesseur qui ne la quittait pas, y tomba malade, y mourut le 22 juillet 1376 et y fut enterré. Le jour de Saint-Etienne de la même année, la reine se trouvant proche le château de Baron appartenant à l’abbaye de Chelles, préféra y loger. Dès qu’elle lui fut annoncée, l’abbesse s’empressa d’aller recevoir la reine et lui donna l’hospitalité digne de la majesté royale. Deux ans après, Jeanne de Bourbon mourait après avoir mis au monde la jeune princesse Catherine et Jeanne de la Forest la suivit au tombeau le 7 novembre 1379. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326). (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques) (L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)
Agnès Ière de la Queue.
Trente-troisième abbesse. 1363-1368. Après Jeanne Ière de Soisy, les religieuses élirent Agnès Ière de la Queue-en-Brie, laquelle exerça les fonctions d’abbesse jusqu’en 1368. Quoique la France fût alors dans une situation déplorable qui ne devait pas s’améliorer de sitôt, l’administration d’Agnès ne se ressentit que très indirectement des calamités de la guerre. Pendant les premières années du règne de Charles V, les hostilités étant suspendues, et les environs de Paris se trouvant débarrassés des bandes de pillards qui les avaient si longtemps saccagés, nos religieuses restaient à Chelles, mais néanmoins pour avoir une protection contre les oppressions, inquiétacions, et molestations qu’elles redoutaient, elles s’adressèrent au roi qui s’empressa de répondre à leurs supplications et leur accorda des lettres de sauvegarde (juillet 1466). Je n’ai pas besoin d’ajouter que la protection qui résultait des lettres de sauvegarde n’avait aucune efficacité dans les temps de guerre et d’anarchie. Les religieuses possédaient, sur la rivière de Marne, un moulin appelé le haut moulin ou le moulin au prévôt. En 1367, le prévôt de Gournay, prétendant que la reine, à cause de sa seigneurie dudit lieu, avait la justice sur ce moulin, en fit saisir les mesures à l’effet de les étalonner. Mais la reine, à qui l’abbesse avait adressé ses plaintes, s’étant informée sur les droits de cette dernière et, par l’enquête, ayant reconnu que l’abbaye était en possession de la justice sur le dit moulin, fit défense expresse à ses bailli, prévôt et autres officiers de la justice de Gournay de troubler les religieuses dans l’exercice de leur droit; elle leur enjoignit en outre de délivrer les mesures qui auraient été saisies. À la même époque, la reine fit don à l’abbaye d’une petite ilette appelée l’isle Sainte-Bathilde, sise en la rivière de Marne proche le haut moulin. A l’administration d’Agnès se rapporte l’acquisition d’une maison dite : La maison de la pomme assise à Paris au vieux cimetière Saint-Jean et contigüe à la maison du Mouton (5 mars 1367). Les lettres d’amortissement données par Charles V disent : que la maison dont il s’agit a été acquise par les religieuses de Chelles pour agrandir leur maison du Mouton dans laquelle elles étaient trop à l’étroit. Que pour opérer la réunion de ces deux maisons en une seule, elles ont fait beaucoup de frais d’aménagement et qu’elles ont disposé cette résidence pour se retirer en la bonne ville de Paris durant les guerres. Agnès fit faire plusieurs réparations des bâtiments du monastère. Elle consolida les murs de l’église Saint-Georges « qui était toute découverte et en gros danger de choir et a fait faire l’arche du milieu de la dite église de pierre de taille en laquelle on n’avait pas chanté de messe depuis deux ans et remit à neuf les chapelles Saint-Etienne et Saint-Pierre de la Boucherie ». Agnès de la Queue mourut le 1 mai 1368, n’ayant gouverné son monastère que 5 ans. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326). (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques) (L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)
Jeanne Ière de Soisy.
Trente-deuxième abbesse. 1363 Adeline II fut remplacée par Jeanne Ière de Soisy, qui, nommée le 14 septembre, jour de la Sainte-Croix 1363, est morte le 9 octobre de la même année, fête de Saint-Denis. Elle n’aurait exercé ses fonctions que trois semaines, le temps de prendre place dans le catalogue des abbesses. (DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).