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Catherine de Lignières.

Quarantième abbesse

1475-1500.

Isabelle de Pollye , du fait de son décès, fut remplacée par Catherine de Lignières qui était proche parente de Spifame seigneur de Brou. Fille de Nicolas de Lignières et de Marie Auger. Sa sœur épousa Jean de Saint-Benoist  seigneur d’Estain. Ses deux nièces, filles de cette sœur, Fleur de Lys et Perette étaient religieuses à Chelles.

L’ancienne abbesse laissa à Catherine une abbaye dépourvue de tout, ayant un très petit nombre de religieuses, incapables de soutenir la régularité et abandonnées à elles-mêmes. 

Louis de Beaumont évêque de Paris tenta d’y rétablir l’ordre et donna quelques ordonnances à de sujet. Il y proposait un dortoir pendant la nuit, les repas en commun, les matines à cinq heures du matin, la défense de l’entrée des lieux réguliers aux séculiers et de ne point se vêtir d’aucuns ornements mondains. 

Il ne fut point écouté et pour mieux se faire entendre par la persuasion, envoya Olivier Maillard cordelier, fameux prédicateur, à la fin du carême 1492. Mais l’abbesse quitta le chapitre avant la fin du prêche. Sa visite fut infructueuse. 

Dans l’intervalle, les religieuses se pourvurent au Châtelet de Paris et en obtinrent une   les maintenait dans leurs droits d’exemption de la juridiction épiscopale. Elles s’approprièrent même des bulles de Rome portant permission aux religieux et religieuses de partager les successions de leurs parents, exceptés les fiefs et seigneuries en raison des pertes considérables que les monastères avaient faites en raison des guerres fréquentes.

Catherine de Lignières obtint de sa sœur 5 livres de rente annuelle par sa renonciation à toute succession et plusieurs bijoux. Ses deux nièces, filles de sa sœur, et religieuses à Chelles en eurent dix livres de rente viagère et deux lits garnis.

Louis XII, au commencement de son règne, engagea l’évêque de Paris à apporter tous ses soins et rendre à ce monastère célèbre son ancienne splendeur et à y faire revivre cette piété que tant de siècles avaient illustré.

Jean Simon, évêque de Paris, se rendit à Chelles y vit l’abbesse et le petit nombre   de religieuses. Il les trouva disposées à pratiquer tout ce qui pourrait les rappeler à l’ordre. Elles menaient une vie aisée et peu convenable à celle du cloître, à cause des trop grandes fréquentations avec le monde, mais on ne leur reprochait rien du côté des mœurs.

Pour son exécution, elles demandèrent à l’évêque de Paris de faire venir des religieuses de Fontevrault, des monastères de Fontaines proche Meaux, de Sainte-Marie-Madelaine d’Orléans et de la maison de Paris dite des filles Dieu. On en choisit douze de ces différents monastères que l’évêque conduisit lui-même le 5 janvier 1499 c’est-à-dire 1500. On convint dès lors que la principale base de la réforme serait la triennalité des abbesses. Cependant qu’elles pourraient être reconduites par les élections suivantes. Ce que le parlement confirma le 6 avril suivant.

En 8 ans l’abbaye de Chelles se retrouva composée de 80 religieuses, nombre que le pape avait défendu d’excéder vers l’an 1208. Sans parler des 14 religieuses que l’on avait envoyées en 1503 pour la même œuvre dans l’abbaye de Montmartre.

Avant l’an 1518, il en était sorti un grand nombre de religieuses pour l’introduction de la régularité dans les abbayes de Faremoutiers, de Jouarre, d’Hierres, de Gif, et de plusieurs autres.

L’abbesse Catherine de Lignières représenta à l’évêque de Paris qu’elle avait tout fait pour remplir ses devoirs et qu’elle n’avait pas cessé d’augmenter les revenus de son abbaye, qu’aux vues de son âge et de ses infirmités, elles avaient des difficultés à observer ce nouveau règlement ni même de veiller à son exécution, elle demandait sa démission en qualité d’abbesse. Elle le pria de plus de lui assigner une pension convenable à son âge et à ses infirmités. ces demandes furent admises par la communauté et ratifiées par le prélat.

L’abbesse ainsi destituée de sa place se retira à Paris dans une maison qui était la propriété de l’abbaye avec les seigneuries de Soisy et de Saint-Georges en Gâtinais, 40 livres d’argent chaque année, 4 muids de blé froment, 2 muids d’avoine, 5 muids de vin, et plusieurs autres denrées rendues à Paris quitte de tout.

Catherine de Lignières vécut 4 ans dans sa retraite et mourut le 10 novembre 1504.

(DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).

 (BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques)

(L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)