Quarante-et-unième abbesse.
Première abbesse triennale.
1500-1507.
Les victoires du roi Charles VII avaient rendu la paix à son royaume, et la Normandie venait d’être réunie à sa couronne.
L’église profita de ce calme et réunit plusieurs conciles pour la réformation des mœurs dans les monastères.
Marie de Bretagne, abbesse de Fontevrault, remit l’observance prévue par les capitulaires de Charlemagne, malheureusement jamais totalement appliquée, dans son abbaye qui s’étendit ensuite sur la Madeleine d’Orléans, puis 10 religieuses et une novice entrèrent, le 17 juin 1481, dans le monastère de Fontaines au diocèse de Meaux (Fontaines-les-Nonnes).
Au nombre des religieuses appelées à Chelles par l’évêque de Paris était Jeanne de la Rivière, qui successivement avait rempli la charge de prieure à la Madeleine d’Orléans puis au prieuré de la Fontaine.
Jeanne, arrivée à Chelles avec ses compagnes, fut reconnue prieure de sa nouvelle maison pendant le temps que Catherine de Lignière y resta (dernière abbesse) et ensuite fut élue première abbesse triennale (1499).
En peu de temps l’abbaye de Chelles reprit son ancienne splendeur. Jeanne de la Rivière et ses religieuses s’obligèrent solennellement au vœu de la clôture. Puis Jeanne prit soin de se faire autoriser par le cardinal d’Amboise, légat du pape Alexandre VI. Elle en obtint une ordonnance portant extinction des six clercs, nommés encore chanoines et qu’à leur place on y substituerait six religieux de l’ordre de Saint-Benoît.
Rien n’échappait à la vigilance de son gouvernement. Jeanne voyait son abbaye se remplir d’excellents sujets. En peu de temps elle reçut à profession plus de trente religieuses de chœur et de nombreuses converses, à tel point que le nombre total des nonnes, qui, lors de son entrée en fonctions, n’était que de douze, s’éleva bientôt à 80.
La maison de Chelles, à son tour, pu tirer des religieuses assez imbues des principes de la régularité pour porter la réforme à d’autres monastères : à Gif, Malnoue, Origny, Royal-Dieu, Faremoutiers, et Montmartre. Dans chacun de ces monastères, les religieuses tirées de la maison de Chelles furent nommées abbesses par le suffrage de leurs sœurs.
Au nombre de ces réformatrices était Marie Cornu qui, venue de Fontaine à Chelles, avait été envoyée de Chelles à Montmartre où devenue abbesse par élection, elle avait rétablit le bon ordre et la régularité puis en 1510, était revenu à Chelles.
Jeanne de la Rivière augmenta beaucoup les biens temporels et spirituels du monastère.
Elle fit agrandir le chœur de l’église conventuelle devenu trop exigu pour contenir toutes les religieuses, fit commencer le nécrologe de l’abbaye[1] et fit faire un répertoire sur lequel était mentionné le nom et la qualité des religieuses entrant et sortant tant de chœur que converses, ainsi que les religieux desservant l’abbaye.
C’est sous l’administration de Jeanne de la Rivière que Messire Etienne Poncher, Évêque de Paris, rédigea, sous le nom de Statuts, un règlement détaillé qui n’était que la reproduction de la règle de Saint-Benoît et devait compléter l’œuvre de Jean Simon.
Après avoir accompli ses trois années d’exercice Jeanne prit la résolution de se démettre de sa charge ; mais vivement sollicitée par ses sœurs, elle consentit à rester en fonction jusqu’à sa mort arrivée le 4 février 1506 (ns. 1507).Son administration avait duré huit ans.
(DOM PORCHERON, bibliothèque diocésaine de Meaux, TR 436.34. 326).
(BERTHAULT, l’abbaye de Chelles, résumés chronologiques)
(L’ABBÉ C.TORCHET, Histoire de l’abbaye royale Notre-Dame de Chelles)
[1] MOLINIER, Obituaire français, diocèse de Paris, t.1 Paris 1902.